février 4

La manipulation – Leçon 2 : Le besoin d’appartenance

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La semaine dernière, nous avons vu « la manipulation dans tous ses états », ainsi que la possibilité que nous soyons tous des manipulateurs. Dans cet article, je vous propose de découvrir les leviers sur lesquels un manipulateur malveillant ou pas, peut faire appui pour manipuler sa proie.

Introduction

Les techniques manipulatoires s’appuient sur des besoins humains fondamentaux :

Les techniques manipulatoires peuvent prendre des formes assez complexes, mais pour être efficace, la manipulation doit prendre racine dans ce qui fait de nous des êtres humains :

Checkmark5la communication,
Checkmark5les rapports sociaux,
Checkmark5les sentiments,
Checkmark5les émotions etc….

qui deviennent aussi des leviers très puissants pour influencer, manipuler, diriger autrui.

En effet, l’homme a un certain nombre de besoins fondamentaux, qui régissent et conditionnent sa vie, qu’elle soit affective, sociale ou professionnelle.

Besoins-Maslow1Il a des besoins primaires, comme manger et boire, mais aussi des besoins sociaux, comme faire partie d’un groupe et faire en sorte d’être reconnu par les autres membres de ce groupe.

D’un point de vue de l’évolution, cela parait naturel : isolés les uns des autres, les humains n’auraient que peu de chance de survivre. (voir l’article sur le pouvoir de l’esprit – 2ème partie).

Notre capacité à vivre en groupes soudés et solidaires a une importance primordiale quand à notre survie et notre suprématie sur les autres espèces animales.

Ce besoin se nomme le besoin d’appartenance en psychologie sociale.

(La pyramide que vous avez en illustration s’appelle la pyramide de MASLOW)

Le besoin d’appartenance chez l’être humain

L’importance des codes sociaux et du statut.

codes sociauxL’homme se définit en partie par les relations qu’il entretient avec les autres et par les groupes auxquels il appartientTelle personne est, par exemple, avocat et fait partie du Rotary Club, telle autre fait partie d’un groupe de danseurs de salsa ou de rock.

Le groupe peut alors « absorber » une partie de l’identité de l’individu, qui va s’y fondre et y projeter ses envies, ses projets, ses goûts et ses motivations.

Mais pour faire partie du groupe, il faut intégrer tout un ensemble de codes et de rituels qui font partie de sa culture.
Ce sont des moyens de se démarquer des autres groupes et de programmer son appartenance à celui que l’on a choisi.

Ces codes sont multiples et peuvent transparaître dans la façon de s’habiller, dans la façon de parler, pour ne citer que les signes les plus voyants.

D’ailleurs être exclu du groupe est un moyen de pression extrêmement efficace. Exclu, vous perdez vos repères, votre statut, et vous êtes obligé de « recommencer zéro« , vous n’avez plus aucun appui, vous ne savez plus comment vous comporter ni à qui faire confiance, vous vous sentez faible et vulnérable.

Le groupe est en effet, une force incroyable pour l’individu.

La force de la preuve sociale.

Le groupe a un effet puissant sur chacun de vous : il dicte en grande partie vos actions.

Ainsi quand vous ne savez pas quoi faire dans une situation particulière, vous observez d’abord ce que font les autres, puis, la plupart du temps, vous faîtes exactement la même chose, pour ne pas paraître « différent » : c’est ce que l’on appelle le concept de preuve sociale.

En règle générale, cette façon de fonctionner offre beaucoup d’avantages et c’est la raison pour laquelle vous continuez à agir ainsi.

Il est important de souligner que ce phénomène de preuve sociale est exacerbée dans des situations d’incertitude : nouveau travail, introduction dans la belle-famille, présentation à un nouveau cercle d’amis etc.

Votre acceptation dans le groupe est fonction de votre capacité à assimiler ses codes.

preuve socialeAgir en conformité avec le groupe est confortable,car cela vous dispense parfois de « penser »  véritablement…. Mais cette tendance au mimétisme peut également vous desservir, à l’image de ces troupeaux entiers de bisons filant vers la falaise pour tomber quelques centaines de mètres plus bas…

A savoir : la recherche de conformité… à tout prix.

Plusieurs expériences de psychologie sociale ont donné la preuve de notre tendance à nous conformer à l’attitude prônée par la majorité, parfois au mépris de vos propres convictions.
L’une de ces expériences, faite par un certain Salomon Asch, est particulièrement frappante. (vous pouvez voir cette expérience sur YouTube en cliquant sur ce lien http://youtu.be/7AyM2PH3_Qk

Experience Salomon AschAsch mit en place un groupe de 7 volontaires, rassemblés pour une soit-disant expérience sur nos capacités visuelles. Sur les 7 personnes interrogées de façon consécutive et en présence des autres, seule la dernière à répondre était réellement « observée » par le psychologue, les 6 autres étant ses complices. Ces personnes devaient observer des planches sur lesquelles étaient dessinées 3 barres verticales, puis déterminer laquelle de ces lignes avait la même longueur qu’une barre témoin présentée sur une autre planche.

Rien de difficile en apparence, dans la mesure où les différences de longueur étaient vraiment flagrantes….

Après une série d’essais concluants, où tous les volontaires étaient d’accord sur la bonne réponse, la machine se mettait alors à dérailler.

experience-asch-conformisme-L-dp3w6QAinsi, interrogés les uns après les autres, et au mépris du bon sens, les 6 premiers volontaires donnaient tous la même mauvaise réponse et montraient une barre visiblement différente de la barre de témoin, au grand étonnement du 7ème volontaire.
C’est ici que le concept de preuve sociale prend toute sa signification, car au moment de parler, cette personne se rendait à l’avis du groupe dans….. 37 % des cas !
Et cela, malgré l’évidente erreur d’appréciation de ses comparses…

En résumé

L’être humain a des besoins… que le manipulateur peut utiliser à son profit.

Vous aspirez tous plus ou moins à la même chose : par exemple, être intégrés dans un groupe.

Il est donc facile, sachant cela, de manipuler autrui en utilisant ce levier social. Car certaines personnes feraient n’importe quoi pour pouvoir être admises dans certains « cercles » d’appartenance.

L’apprentissage des codes et de la culture de groupe

Vous copiez naturellement l’attitude des autres, surtout lors de moments de faiblesse ou d’incertitude, pour pouvoir vous fondre plus facilement dans le groupe.
Vous apprenez ainsi naturellement les codes et les rituels qui, intégrés correctement, feront de vous des membres à part entière de la « communauté » choisie.

La preuve sociale : une force et une faiblesse pour l’homme

Dans la majorité des cas, faire comme les autres est plutôt utile. Mais il arrive que cela vous desserve : vous suivez les autres aveuglément, sans vraiment réfléchir.
Pensez par exemple, aux mouvements de foule qui, prises de panique, peuvent mettre en danger les personnes les plus faibles en les piétinant.

La semaine prochaine, nous parlerons de cohérence et de théorie de l’engagement.

Pensez à vous inscrire pour ne manquer aucun article 😉
Bonne lecture.

 

Valérie Madej

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Ecrit 4 février 2014 par Valerie Madej dans la catégorie "Développement personnel", "MANIPULATION

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