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Epigénétique : Le pouvoir de l’esprit 2ème partie ( Du microcosme de la cellule au Macrocosme de l’esprit)

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Dans la 1ère partie, vous avez découvert dans quelle mesure l’esprit peut influencer sur la « qualité » et le fonctionnement de vos gènes.  Dans cette partie, vous allez découvrir la naissance, les capacités et différences de votre esprit conscient et inconscient et leurs impacts sur nos vies. Cette partie est un peu dense et technique, mais elle est nécessaire pour comprendre les bases sur lesquelles l’épigénétique est construite.

L’évolution

evolution du mondeDurant les 3,5 billions d’années, de vie sur cette planète, la biosphère se composait d’une population massive de différents organismes unicellulaires tels que des bactéries, des levures, des algues et des protozoaires comme les bien connues amibes ou paramécies. 

Il y a environ 700 million d’années, des cellules individuelles ont commencé à se réunir pour former des colonies multicellulaires.

La perception collective offerte par la communauté de cellules a été beaucoup plus importante que la perception d’une seule cellule individuelle.

Comme la perception est le facteur essentiel pour la survie d’un organisme, l’expérience commune offerte par les membres de la communauté procure des opportunités supplémentaires de rester en vie et de se reproduire.

mICRO ORGANISME MONOCELLULAIRELes 1ères communautés cellulaires étaient, tout comme les 1ères communautés humaines, constituées de clans de chasseur/cueilleur dans lesquels chaque membre offrait les mêmes services pour la survie de la communauté.

Cependant, quand la densité de population des communautés cellulaires et humaines a atteint un plus grand nombre, il n’était plus ni efficace ni effectif pour tous les individus de faire le même travail. Dans les 2 types de communautés, l’évolution a conduit des individus à prendre des fonctions plus spécialisées.

Par exemple, dans la communauté humaine, des membres se sont concentrés sur la chasse, d’autres sur les tâches domestiques ou encore l’éducation des enfants.

CELLULE HUMAINEDans les communautés cellulaires, la spécialisation signifie que certaines cellules ont commencé à se différencier en cellules digestives, d’autre en cellules cardiaques ou encore en cellules musculaires.

La plupart des trillions de cellules formant des organismes comme le nôtre n‘ont pas de perception directe de son environnement extérieur.

Les cellules du foie « voient » ce qui se passe dans le foie mais ne peuvent pas savoir directement ce qui se passe dans le monde qui se situe à l’extérieur de la peau.

Le rôle du cerveau et du système nerveux est d’interpréter les stimuli environnementaux et d’envoyer des signaux aux cellules qui les intègrent et régulent les fonctions de survie des différents groupes d’organe. La nature performante des communautés multicellulaires a permis au cerveau d’évoluer en consacrant un grand nombre de cellules dans le catalogage, la mémorisation et l’intégration de perceptions complexes.

La formation de la conscience simple et de la conscience de soi

La capacité de se souvenir et de choisir parmi les millions de perceptions expérimentées dans la vie, fournit au cerveau une base données puissante et créative à partir de laquelle il peut créer des répertoires  de comportements complexes.  

Quand ils sont activés, ces programmes comportementaux dotent l’organisme des traits caractéristiques de la conscience. Ici, le terme de la conscience est utilisé dans son contexte le plus fondamental….

l’état d’être éveillé et conscient de ce qui se passe autour de vous.

Beaucoup de scientifiques préfèrent penser à la conscience en terme de qualité numérique,  soit un organisme l’a ou ne l’a pas. Cependant une évaluation de l’évolution des propriétés biologiques suggère que la conscience, comme toute autre qualité, a évolué au fil du temps. Ce qui signifie que la conscience s’exprimait probablement à l’origine comme un gradient de conscience dans les organismes primitifs pour évoluer jusqu’à la conscience d’être un personnage unique qui se manifeste maintenant  pour les humains et les autres vertébrés supérieurs.

L’expression de la conscience de soi est spécifiquement associée à une petite adaptation liée à l’évolution du cerveau appelé cortex préfrontal.

cortex prefrontalLe cortex préfrontal est la plate forme neurologique qui permet de réaliser notre identité personnelle ainsi que l’expérience de la « pensée ». Les singes et les organismes inférieurs n’expriment pas de conscience de soi. Lorsqu’ils se regardent dans un miroir les singes ne reconnaîtront jamais l’image perçue comme étant leur reflet; Ils croiront toujours qu’il s’agit d’un autre singe. En revanche, les chimpanzés qui sont neurologiquement plus évolués, en se regardant dans le miroir, percevront l’image comme étant le reflet d’eux-mêmes.

La différence majeure entre la conscience simple présente dans le cerveau et la conscience de soi présente dans le cortex préfrontal, est que la conscience simple permet à l’organisme d’évaluer et de répondre de façon pertinente aux conditions immédiates de son environnement à l’instant présent. Alors que la conscience de soi permet à l’individu de prendre en compte les conséquences de ses actes, non seulement en ce qui concerne  leur impact sur le moment présent mais aussi sur comment cela va influer sur son avenir.

La conscience de soi est un complément dans l’évolution de la conscience dans la mesure où elle a fourni une autre plateforme de comportement qui comprend la création d’un rôle de « soi »  dans le processus de prise de décision. Alors que la conscience conventionnelle permet aux organismes d’être membres actifs dans la dynamique du « jeu » de la vie, la qualité de conscience de soi offre dans le même temps, l’opportunité d’être un observateur  dans le « public« . Du point de vue de l’individu qui est en mesure d’observer le rôle « de soi » dans le déroulement du « jeu« , la conscience de soi confère à la personne la possibilité d’auto-réflexion, d’examen et de modification des performances de l’individu.

Les fonctions de conscience simple et de conscience de soi du cerveau peuvent être désignées collectivement sous le nom d’esprit.

L’inconscient

Dans le langage conventionnel, les mécanismes conscients du cerveau associés aux comportements automatisés de réponse aux stimulus sont appelés subconscient ou inconscient, pour la bonne et simple raison que ces fonctions ne nécessitent ni l’observation ni l’attention de la conscience de soi.

Les fonctions du subconscient ont évolué bien avant le cortex préfrontal, par conséquent, par le passé, il était en mesure d’exploiter avec succès le corps et ses comportements sans aucune contribution ou participation de la conscience de soi.

subconscientLe subconscient est un mécanisme de traitement de l’information étonnamment puissant qui peut enregistrer des expériences perceptives (programmes) qu’il pourra toujours lire en appuyant tout simplement sur un bouton. Fait intéressant, beaucoup de gens ne prennent conscience des programmes d’automatismes comportementaux stockés dans leur subconscient que lorsqu’ils sont engagés dans un comportement indésirable, comme si quelqu’un avait « appuyer sur leur bouton ».

Le pouvoir du subconscient réside dans sa capacité à traiter extraordinairement rapidement, des quantités massives des données acquises directement ou indirectement à partir d’expériences d’apprentissage.
Il a été estimé que la plus grande partie de la masse cérébrale qui fournit la fonction de subconscient, a la capacité d’interpréter et de répondre à plus de 40 millions d’impulsions nerveuses par seconde.
En revanche, on estime que le cortex préfrontal dans lequel siège la conscience de soi, ne peut traiter qu’environ 40 flux nerveux par seconde.
En tant que le traitement de l’information, le subconscient est un million de fois plus puissant que l’esprit de conscience de soi.
 

Comme un compromis dans l’acquisition de sa capacité de calcul impressionnante, le subconscient peut exprimer une capacité marginale de création.
Contrairement au libre-arbitre offert par l’esprit conscient, le subconscient exprime avant tout des réponses aux stimulus pré-enregistrées devenues des « habitudes« .
Une fois qu’un modèle de comportement est appris, comme la marche, s’habiller ou conduire une voiture, ces programmes sont traités comme des habitudes du subconscient… ce qui signifie que vous pouvez effectuer ces fonctions complexes sans faire attention à elles.

Contrairement au traitement de l’information massive fait par le subconscient, le petit cortex préfrontal responsable de la conscience de soi est limitée à jongler avec seulement un petit nombre de tâches en même temps. Bien que sa capacité pour le multitâche est physiquement limitée, l’esprit de la conscience de soi peut contrôler et se concentrer sur toutes les fonctions du corps humain.

YOGIOn pensait autrefois que certaines fonctions du corps étaient hors de contrôle de l’esprit, ces fonctions involontaires comme la régulation du rythme cardiaque, la pression artérielle et la température du corps, comportements qui sont contrôlés par le système nerveux autonome de façon inconsciente. Cependant, il est maintenant reconnu que les yogis et autres praticiens qui entraînent leur esprit conscient peuvent complètement contrôler les comportements définis tout à l’heure comme des comportements involontaires.

Le conscient et le subconscient travaillent en tandem. Le subconscient contrôle tous les comportements qui ne sont pas assistés par l’esprit conscient. Pour la plupart des gens, leur esprit conscient est rarement concentré sur le moment présent, car leur mental voltige sans interruption d’une pensée à l’autre.
L’esprit est tellement préoccupé par des pensées concernant l’avenir, le passé ou la résolution de certains problèmes imaginaires, que la plupart de nos vies sont effectivement contrôlée par des programmes issus du subconscient.

Les neuro-scientifiques spécialisés dans les facultés cognitives, concluent que l’esprit , donc la conscience, ne contribue que pour environ 5% de notre activité cognitive.

Par conséquent, 95 % de nos décisions, actions, émotions et comportements sont dérivés du traitement instinctif de l’information fait par notre inconscient.

La semaine prochaine, nous verrons comment cette « automatisation » de nos décisions et de nos actions, influent sur l’activité de nos gènes ainsi que sur notre santé. Pensez à vous abonner pour être personnellement prévenu de la parution de la 3ème partie.

Valérie Madej

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Ecrit 2 février 2014 par Valerie Madej dans la catégorie "Développement personnel", "Épigénétique

6 COMMENTS :

  1. By emmanuelle on

    Pas facile de rendre ces informations accessibles, mais vous y êtes parvenue. J’apprécie également le résumé de l’essentiel en fin d’article.
    à présent, je comprends mieux pourquoi l’on parle d’INconscience.
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  2. By brigitte on

    Un grand merci Valérie pour votre grande générosité à rendre accessible des principes souvent évoqués mais rarement expliqués aussi clairement!
    je suis ravie de vous lire à chacune de vos publication.

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  3. By GT on

    Bonjour. J’ai lu des dizaines de livres, j’apprends…j’apprends car je veux connâitre le secret mais cet article est juste ahurrissant.A couper le souffle meme. Je me délecte. Merci infiniment de partager cela.
    GT

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