mai 13

La doctrine des « petits moi »

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Petit exercice préparatoire :

Vous pouvez dans un premier temps énumérer quelques émotions négatives :

manque de confiance en soi Orgueil
Timidité Vanité
Méfiance Fausse humilité
Impatience Hypocrisie
Envie Colère
Jalousie Insatisfaction
Manque d’indulgence avec les autres Mécontentement
Excès d’indulgence avec soi-même Découragement
Intolérance Dépression
Susceptibilité Désespoir
Peur Apitoiement sur soi
Angoisse Manque de courage
Rancune Sentiment d’incapacité
Agressivité Sentiment d’infériorité
Agacement Sentiment de supériorité
Énervement Arrogance …. etc …

Essayez de repérer les émotions négatives principales qui agissent en vous.

Elles existent toutes un peu en vous mais 1 ou 2 sont prédominantes.

gerer-ses-emotions-02Le premier pas est de reconnaître laquelle vous habite le plus fréquemment ainsi que celles qui agissent en vous de façon régulière.

Il va alors être nécessaire de commencer à lui résister de la manière la plus absolue si vous voulez avancer sur un chemin de transformation évidemment.

Parfois, cette émotion négative principale est si forte qui nous est impossible de commencer le combat par elle.
Dans ce cas, il vaut mieux alors en choisir une autre, plus facile à combattre.

Vous ne pouvez avoir d’influence que sur sa manifestation extérieure.
Quand l’émotion existe en vous, il est trop tard pour agir.

Vous pouvez lutter uniquement contre la tendance à avoir cette émotion.

Par exemple :

si vous vous énervez facilement, c’est quand vous êtes calme qu’il vous sera possible de commencer à travailler sur cette émotion d’énervement, et non pas lorsque l’énervement s’est emparé de vous.

Arrêter de les justifier.

Vous avez toujours une bonne raison pour justifier vos émotions négatives.

Et pourtant, il n’y a aucune émotion négative que l’on puisse réellement justifier ! Aucune.

Il faut arrêter de les justifier, sinon vous n’arriverez jamais à les faire disparaître. 

justifier emotionEn effet, il est de votre responsabilité de ne pas manifester d’émotions négatives vers l’extérieur, quelles que soient les bonnes raisons que vous croyez avoir pour le faire.
Vous avez certainement plein de bonnes raisons d’être jaloux ou en colère ou de mauvaise humeur.

Il y a des raisons, mais pas de raisons saines, ni justes.

Mais attention, il ne s’agit pas de ne pas réagir ou de ne pas agir face à des situations !

Des actes et non des émotions négatives !

Il est essentiel de le comprendre.

Ici nous parlons bien des émotions négatives, qu’il ne faut pas mélanger avec manifestations de ses émotions, réactions et actions.

Il est juste de réagir dans une situation donnée, mais après avoir ressenti et pensé de façon juste.


Quelques « questions/réponses » que vous pourriez avoir :

Et qu’en est-il si l’émotion négative est généralement liée à une souffrance ?
La souffrance n’est-elle pas en soi une émotion négative ?

La souffrance n’est pas une émotion négative par contre, les émotions négatives font généralement souffrir.
Quand je vois quelque chose de triste, je suis triste et il y a souffrance.
Mais cela n’a rien à voir avec une émotion négative.

voie sans issueSi la situation est sans issue, il est juste que le désespoir puisse naître en nous ?

Le désespoir est une émotion négative qui n’a aucune raison d’être.
Il reste toujours une solution : s’adapter à la situation.

Est-ce que le désespoir va améliorer la situation ?
Bien au contraire, il va l’empirer !
Même dans une situation désespérée, rien ne justifie le désespoir.

Et la peur, devant la torture par exemple ?

La peur devant quelque chose de physique n’est pas une émotion négative, c’est une réaction instinctive de survie.

Par contre les angoisses, elles, sont liées à l’imagination.


Dans un premier temps, il faut donc que vous repériez en vous les émotions négatives.

C’est un vrai travail concret.
Il vous faudra ensuite travailler à combattre l’émotion dominante, si vous pensez pouvoir le faire.

Si vous sentez que c’est trop tôt, commencez par une autre émotion moins forte.
Mais le 1er pas est de ne plus jamais justifié aucune émotion négative.

Ça il faut vraiment le comprendre.

Vous êtes toujours responsable vous-mêmes de vos émotions négatives.

jalousiePar exemple :
Ce n’est pas l’autre qui vous rend jaloux, mais c’est la jalousie qui existe déjà en vous !
Ce n’est pas la situation qui nous met en colère, la colère est déjà en vous.

Tant que vous n’êtes pas d’accord avec cette notion, c’est que vous n’avez pas compris de quoi nous parlons.

Si vous ne voyez pas que dans la vie, les émotions négatives fonctionnent de cette façon, vous aurez énormément de mal à avancer.

Des éléments peu évolués de notre personnalité.

L’une des caractéristiques des émotions négatives est qu’elles renferment toujours un élément de violence.

De plus, elles sont toujours liées à l’une de nos faiblesses et à une forme d’attachement.
Elles sont toujours liées  à un élément d’agression ou de violence, ou bien à la dépression, qui sont des signes de faiblesse.

Comment travailler sur nos émotions négatives et par conséquent sur nos croyances ?

Premier temps : l’observation des émotions négatives en nous.

Un moi qui en observe un autre.

L’être humain se trompe en se considérant comme un moi unique.
En réalité, il est une multitude de petits « moi », psychologiquement parlant.

Chacun de ces moi a ses propres désirs, sa propre volonté et il utilise l’être physique dans sa globalité pour s’exprimer, ce qui donne à la personne, l’impression d’être une unité.

Il y a le moi coléreux, le moi aimant, le moi jaloux, le moi râleur, le moi joyeux, le moi orgueilleux, le moi fatigué, le moi en révolte etc… Et il y a aussi, dans un petit coin, un moi qui veut évoluer, etc…

Tel est notre être psychologique.

Que se passe-t-il lorsque nous sommes pris par une émotion négative et que nous en prenons conscience ?

Pour mieux le comprendre nous allons prendre l’exemple de Pierre qui fumait.

Un jour, il a décidé d’arrêter.
Il y avait donc un Pierre qui se disait :
« j’aime le tabac mais je vais essayer d’arrêter de fumer ».

En même temps, il y en avait un autre en lui qui protestait :
« j’ai terriblement envie d’une cigarette. Et puis, je vois mon copain qui fume. Si j’en prenais une, juste une ! ».

demon-312 petits moi donc qui s’affrontent :
– celui qui veut arrêter,
– et celui qui veut continuer.

Et bien sûr, ces deux-là ne s’entendent pas très bien…

La vie de l’être humain est ainsi fait de toutes sortes d’envies.

On veut une chose et le lendemain, parce qu’on a changé d’humeur, on n’en veut une autre.
Le moi intellectuel mène une réflexion dans une direction et le moi émotionnel par dans une autre.

Toutes ces directions sont en réalité des « petits moi » en soi qui prennent le devant de la scène.

Et puis un jour, on décide de regarder plus précisément ce qui se passe en soi : tous les tiraillements, les pensées, les sentiments, les émotions, les humeurs.

C’est le moi observateur qui se met en route.

En même temps, il arrive que plusieurs petits moi s’unissent pour agir dans la même direction.

Comme par exemple :
le moi intellectuel qui décide de « manger des céréales et des légumes pour améliorer sa santé »,

et le moi émotionnel comprend cela car » il aime les animaux. »

Ils forment alors ensemble un 3e moi plus important.

Il y a donc 3 sortes de moi en chacun de nous :
– les petits moi divers
– le moi observateur,
– le moi groupé qui réuni les petits moi divers unis dans une même envie ou direction

Dans la vie de l’homme ordinaire, chacun de ces moi ou groupe de moi domine de temps en temps.

C’est parfois l’observateur, parfois un ensemble qui voudrait évoluer, une autre fois c’est le moi fatigué qui en a assez et qui veux autre chose…

L’être humain a une personnalité divisée, fragmentée.

Il est soumis à ces moi multiples qui sont le produit de notre éducation, de nos conditionnements, de nos croyances et de nos désirs, qu’ils soient physiques, émotionnels ou intellectuels, et qui ne peuvent par conséquent pas disparaître.

Quoique nous fassions, ils existent et continueront à exister.

schizophrenieSi vous observez votre vie, vous vous rendez compte que vous êtes constamment en train de naviguer entre ces moi qui vous tiraillent dans tous les sens.

Même lorsque vous avez l’impression d’avoir pris fermement une décision, ce n’est que l’un des groupes qui a pris les commandes et, de temps en temps, un autre se réveille, parce que vous êtes fatigué par exemple, et c’est le moi fatigué qui agit.

Créer un moi unifié

Le but du travail sur les petits moi, est de créer un moi qui regrouperait tous les autres moi et serait dominant, de sorte que les autres petits moi deviendraient des « aides » dans la réalisation de vos objectifs.

Questions relatives à ce moi unifié

Et si vous décidez par exemple d’apprendre une langue étrangère, peut-on dire que vous créez un nouveau petit moi ?
Oui, on peut dire cela.
Seulement l’être humain ignore qu’il est cela, qu’il est toutes ces cases, qu’il est ce mécanisme.

A father is threatening his little boy with a fingerSi vous décidez de vous mettre en colère, vous déciderez de mettre en route la case colère et vous vous mettrez en colère parce que vous l’aurez décidé, parce que, par exemple, la colère est un moyen pédagogique vis-à-vis d’un enfant.

Une émotion négative est destructrice.
Lorsque cette émotion agit en vous elle détruit quelque chose en vous.
Par contre, si vous décidez volontairement de manifester une émotion négative, elle ne peut rien détruire en vous.

Travail avec les petits moi.

Il faut d’abord les repérer, savoir qu’ils existent, puis apprendre à les connaître.

Vous pouvez même dialoguer avec eux, leur poser des questions, comme :

– « quelle est ta fonction ? »
– « Quand es-tu né ? »
– « À l’occasion de quel événement es-tu apparu ? »
– « Que fais-tu pour moi ? »
– « Que serait ma vie sans toi ? »

Et écouter leurs réponses.

8fx59obeLorsque vous vous intéressez ainsi à un petit moi, vous l’introduisez dans le champ de votre attention, de votre acceptation, qui sont le début de l’amour… Et l’amour transforme les petits moi, comme il transforme les être humains et les animaux.

Tous deviennent beaucoup plus sympathiques avec vous et vous vivez en bien meilleure harmonie.

Il faut juste que l’un apprivoise l’autre et vice versa.

Il n’existe pas un seul petit moi qui soit mauvais.

Il n’existe pas un seul petit moi qui sois mauvais, même si parfois, ils se manifestent de façon extrêmement désagréable, c’est de votre faute : c’est parce que vous leur faites du mal.
Si vous apprenez à les connaître et si vous les traitez avec respect même les pires en apparence montrent une autre facette d’eux-mêmes, qui est très favorable pour vous.

Par exemple peut-être que le moi de l’orgueil rappelle seulement qu’il existe quelque chose de très grand en vous et si vous étiez plus souvent en contact avec cette grandeur-là, le moi de l’orgueil n’aurait pas besoin de se manifester ?

Il faut que ce contact avec les petits moi soit travaillé tranquillement et de façon juste, et il ne suffit pas d’observer comment, selon les situations, on passe d’un moi à un autre.
Le plus important est évidemment d’entrer en contact avec ce qui, en vous, regarde et voit cela, et de fortifier en vous cet observateur, ce témoin…

Lorsque vous faites le travail sur les petits moi, vous ne pouvez pas lui dire : « toi, je veux te transformer ».
La base pour commencer, est l’acceptation de chaque moi comme il est, pour apprendre à le connaître, pour savoir quels sont ses besoins, quelle est son utilité.

Ensuite, vous pouvez lui proposer une place en vous, et s’il est à sa juste place, le petit moi, quel qu’il soit, ne pose plus aucun problème et ne donne que des solutions.

Il devient toujours une ressource nouvelle et une aide. Même les moi qu’on croit être les pires.

C’est un processus qui peut être long, et il faut déjà commencer par traiter tous nos petits moi comme une personne, et comme toute personne, si vous les traitez mal, elles vous en veulent et elles ne vous font pas de bien.

Il en va de même pour vos petits moi : si vous les traitez bien, ils vous le rendent.

En conclusion :

Les croyances, sont elles-mêmes des petits moi.
À vous de les traiter avec respect, et avec bienveillance.

Avec ce travail et l’EFT par exemple, vous pourrez transformer vos croyances limitantes en une armée de petits moi à votre service.

Pour en savoir plus, je vous propose de revoir ma conférence du 8 Mai qui traitait de ce sujet.

Bonne lecture et bon visionnage et à bientôt.

Coeurdialement

Valérie Madej

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Ecrit 13 mai 2014 par Valerie Madej dans la catégorie "Les croyances limitantes

6 COMMENTS :

  1. By Ludovic Beuzeron on

    Merci Valérie pour ce bel article (et l’ensemble de vos publications). Vous êtes formidable ! C’est d’une utilité précieuse… 🙂

    Répondre
  2. By razika on

    merci valerie
    pouvez vous me guider vers des ouvrages qui parlent de la technique des petits moi

    Répondre
    1. By Valerie on

      Bonjour Razika et merci pour l’intérêt que vous portez à cette technique.
      Je peux vous conseiller la revue science de la conscience qui a publier un petit ouvrage sur le sujet.voici le lien http://www.science-de-la-conscience-magazine.fr/n50-et-moi-et-moi-et-moi/339-La-doctrine-des-petits-moi.html
      Et sinon, il y a pas mal de choses sur internet concernant les enseignements de Gurdjieff et plus précisément la quatrième voie.
      Bonne lecture à vous 🙂

      Répondre
      1. By razika on

        Merci valerie , cette technique a complètement changé le cours de ma vie , elle m’a ouvert plusieurs horizons.
        j’ai beaucoup de gratitude pour le faite de vous avoir ds ma vie.

        Répondre

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